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Communes du territoire/Chazelles sur Lyon/Histoire et Patrimoine

Chazelles sur Lyon - Histoire et Patrimoine

 

Site officiel :
www.chazelles-sur-lyon.fr
 

 

L’origine du mot « Chazelles » viendrait de « Casella » (mentionnée en 1224) qui veut dire « petite maison » ou « château ».
La renommée de Chazelles-sur-Lyon tient dans son activité industrielle passée : la chapellerie de feutre. Aujourd’hui, l’Atelier-Musée du Chapeau fait revivre ce passé glorieux et transmet ce savoir-faire particulier.

Atelier-Musée du Chapeau

 

Histoire

 

>> Pour tout savoir sur l'histoire de Chazelles sur Lyon : www.chazelles-histoire.net
 

Deux paroisses semblent avoir coexisté à l’origine : le village de Chazellis avec son église dédiée à Saint-Michel (citée en 969) et Saint-Romain-le-Vieux mentionné en 1173, lieu stratégique dominant les vallées de l’Anzieux et de la Coise au lieu-dit la Tour.
En 1497, on démolit cette tour pour réemployer les matériaux aux fortifications de Chazelles. Saint-Romain-le-Vieux est délaissé par ses habitants autour du XIIème siècle.
En 1148, Guy II, Comte du Forez, donne ses possessions aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (qui deviendront Chevaliers de Rhodes puis Chevaliers de Malte en 1530) pour des services rendus lors des Croisades à lui ou à ses ancêtres.
Cet établissement donne un essor certain à Chazelles et la construction du « château » fut commencée dès le XIIIème siècle. D’abord moines hospitaliers et marchands, ces commandeurs devinrent de riches seigneurs ayant des droits sur les terres environnantes ; avec 60 villages en leur possession, ils sont l’élément le plus puissant de la région.
Mais peu à peu la Commanderie perd de son pouvoir et s’effondre en 1793, lorsque le dernier Prieur Commandeur, Gaspard de la Richardière de Besse est guillotiné. La ville s’appelait alors Chazelles-la-Victoire.

Dès le XVIème siècle, les commandeurs auraient appris aux habitants l’art de fouler le feutre, art que leur auraient transmis les Arabes pendant les Croisades : des liens existeraient entre la commanderie de Chazelles et celle de Lyon notamment pour fournir des balles de poils de chameau (utilisé pour la fabrication du feutre) en provenance de Smyrne (Turquie) et pour commercialiser des chapeaux. D’après les archives, c’est une balle de poils de chameau qui aurait d’ailleurs amené en 1623 la peste à Chazelles.
Aux XVème et XVIème siècles, l’artisanat local du chapeau se développe ; les négociants lyonnais sous-traitent la production des cloches de feutre (de poils de lapin et non plus de chameau) aux ateliers de Chazelles. Cette position de sous-traitance par rapport à Lyon donne à Chazelles une certaine image de marque.

Au XIXème siècle, du fait de l’introduction de la machine à vapeur et de nouveaux procédés mécaniques et chimiques de foulage, on assiste au regroupement de plusieurs centaines d’artisans à domicile dans quelques fabriques industrielles. Vers 1850, la fabrication complète du chapeau se généralise grâce à Clément Clavel et les fabricants prennent leur indépendance par rapport aux négociants lyonnais ; le chapeau en feutre de poil devient le symbole de Chazelles et la fierté des Chazellois. Les petits ateliers sont de moins en moins capables de rivaliser avec les plus grands : en 1890, la production est concentrée dans 17 maisons. En 1904, 2 200 ouvriers produisent 1 800 000 pièces par an exportées alors dans le monde entier (Australie, Amérique, Le Cap et les colonies sont les principaux marchés). Les patrons font construire à cette époque leurs résidences bourgeoises. Durant la Première Guerre Mondiale, quelques usines restent ouvertes puis la production reprend après-guerre. En 1929, 2 500 salariés travaillent dans la chapellerie.
A la fin de 1965, il ne reste que 6 fabriques dont 4 se regroupent en 1966 pour former la Société Industrielle de Chapellerie (composée des usines Fléchet, France, Morreton et Beyron) qui déposera son bilan en 1976. Ensuite, seule l’entreprise Ecuyer-Thomas fonctionnera jusqu’en mai 1993. M. Tabary reprend l’affaire en 1994 jusqu’en 1997.

En 1983, la création de l’Atelier-Musée du chapeau dans l’ancienne chapellerie Blanchard marque la fin d’une époque. La dernière guerre ne laisse pas la ville indifférente. Un Chazellois, Adrien Monier, alias Rodolphe ; rassemble autour de lui des habitants hostiles aux Allemands et au régime de Vichy. Son groupe de « chapeliers » participe à la réception de parachutages alliés à Grézieu, Aveize et Chamboeuf, ainsi qu’à des sabotages.

 

L'église

 

Eglise de Chazelles sur Lyon

L’église a été bâtie aux XIIème et XVème siècles. Une charte de 919 mentionne le village de Chazelles et une église dédiée à Saint-Michel et appartenant à l’abbaye de Savigny ; cette dernière serait l’église actuelle.
L’église passe au XIIIème siècle sous l’obédience des Commandeurs et devient la chapelle du château qui servait aussi d’église paroissiale ; les trois croisées d’ogives précédant le chœur datent de cette période. Le chœur date du XVème siècle.
Au XVème et XVIème siècles, l’église s’agrandit par la construction d’une travée et de chapelles du côté sud de l’abside. En 1827, les deux dernières travées, le bas-côté nord, les chapelles de la rue Chanoine Planchet et le clocher actuel sont construits. En 1854, on abaisse le niveau du sol pour augmenter la hauteur de la nef.
 Le chœur est exactement tourné vers l’Est comme la plupart des églises anciennes. Le portail est bâti en calcaire conchylien du lyonnais (les coquillages fossiles intégrés dans la pierre sont très apparents ).
On peut remarquer au bas des culots (bases des retombées des croisées d’ogive) de nombreuses figurines sculptées : anges et léopard présentant un blason, musicien jouant de la cornemuse et des écussons aux clefs de voûte.
Les magnifiques vitraux du chœur et ceux des chapelles de la Vierge et de Saint Jean-Baptiste sont de A. Mauvernay, maître verrier à Saint-Galmier (1850-1870).
Des éléments rappellent l’activité chapelière : une chapelle dédiée à Saint-Jacques-le-Mineur, patron des chapeliers, ainsi qu’un vitrail dédié à Sainte-Odile, offert en 1921 par Eugène Provot, industriel chapelier d’origine alsacienne.

 

Le château

 

La commanderie était composée de deux corps de bâtiment en L, de trois tours rondes, d’une grande tour carrée, d’un puits et d’un grand jardin situé à l’est. L’actuelle place JB Galland était donc fermée et formait la cour du château. De ce château des Commandeurs, ne subsiste aujourd’hui qu’une tour, au n°12 place JB Galland (privé). A l’intérieur, un très bel escalier à vis. Le nom de la Place de la Poterne rappelle l’entrée du château où se trouvait le gibet.

 

La ferme fortifiée de Bellecroix (privée)

 

Ferme fortifiée de BellecroixBâtie sur une butte à deux kilomètres de Chazelles, sur la route de Saint-Galmier, cette demeure est fortifiée à la fin du XVIIème siècle par son propriétaire, Dallier, prévôt des Maréchaux Lyonnais.
Les bâtiments déterminent une enceinte rectangulaire dont l’entrée est flanquée de deux tours rondes couvertes à l’origine de tuiles vernissées. Au dessus de la porte, un bâtiment fait office de chapelle. Les fortifications, au rôle à la fois décoratif et social, avaient pour but de donner à la propriété l’aspect d’un fief.
Ces prétentions ne manquèrent pas d’attirer les foudres des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui tentèrent à plusieurs reprises de faire raser les tours.

 

Les chapelleries

 

Portez un chapeau !

Atelier de l'usine Fléchet

Des alentours de Chazelles, on peut encore apercevoir les cheminées des chaufferies des anciennes chapelleries. En effet, Chazelles a compté plus de 30 chapelleries artisanales ou industrielles que l’on peut découvrir (ou certains indices de leur présence passée) dans la ville :

Cheminée de l'usine Blanchard

  • Située rue Martouret, l’usine Fléchet, aujourd’hui désaffectée, témoigne d’un passé industriel glorieux. La partie la plus ancienne, dont la cheminée, a été construite en 1902, l’agrandissement construit en 1927 a été démoli en septembre 2001. Cette entreprise, en activité de 1859 à 1976, a été l’une des plus importantes de la ville et a exporté sa production dans le monde entier. En descendant la rue Martouret, on peut remarquer l’étang qui constituait une réserve d’eau pour alimenter les chapelleries avant la construction du barrage de la Gimond (Grézieu-le-Marché) en 1925. Max Fléchet, sénateur et maire, fut ministre du commerce sous la Présidence du Conseil d’Antoine Pinay.
  • Rue Eugène Provot, à l’emplacement de l’usine Provot, se trouve maintenant l’usine Beru TDA. C’est en partie grâce à Eugène Provot que l’industrie chapelière est entrée dans la modernité puisqu’il installa la première manufacture à Chazelles en 1871. Son entreprise, la plus importante de la commune, employa jusqu’à 800 ouvriers.
  • Vers la rue de la Liberté, le passage du Chapeau Blanc tient son nom d’une chapellerie qui ne fabriquait que des cônes en feutre blanc.
  • Au n°5 de la Rue de la Charité se trouvait la chapellerie Perrichon.
  • Au bout de la rue Pasteur, se dresse l’ensemble des usines Morreton avec sa cheminée octogonale : en activité de 1860 à 1966, c’est une des entreprises pilotes pendant l’époque faste de la chapellerie qui a employé jusqu’à 450 ouvriers.
  • A côté de l’ancienne station de tramway (n°2 de la rue Jean Jaurès) se trouve la maison du chapelier Rivoire et son usine.
  • L’ancienne chapellerie France se trouve, elle, rue Besson.
  • La chapellerie Ecuyer-Thomas était au n°43 de la rue Claude Protière.
  • Au n°16 de la route de Saint-Galmier, l’ancienne chapellerie Blanchard héberge aujourd’hui l’Atelier-Musée du Chapeau.

Démonstration de fabrication d'un chapeau

Atelier du formier

 

Les "châteaux" des chapeliers

 

On peut encore voir plusieurs« châteaux », ainsi sont appelées les maisons bourgeoises des industriels chapeliers. En particulier :
 - Château Blanchard (1910), route de Saint-Galmier, aujourd’hui transformé en hôtel-restaurant.
 - Château Fléchet (1913), rue Jean Jaurès.
 - la villa du chapelier René Fléchet au n°27 rue Jean Jaurès.
 - la maison du chapelier Peronnet au n°48 rue Jean Jaurès.
 - la demeure d’Eugène Provot, qui en fit par la suite un dispensaire, rue de la Charité.

Entrée du chateau Blanchard

Chateau de Benoît Fléchet

 

Le tramway

 

De 1899 à 1933, un tramway électrique reliait la gare de Viricelles-Chazelles (en contrebas du bourg de Viricelles) aux villes de Chazelles et de Saint-Symphorien-sur-Coise. Une station fut construite au n°1 de la rue Jean Jaurès, ainsi qu’un dépôt au n°2. Un quai de marchandises, face au château Fléchet (n°27), reste encore visible. Plusieurs embranchements privés desservaient les usines.

 

Les personnages célèbres

Alexandre Séon

Alexandre Séon est né en 1855 à Chazelles-sur-Lyon. Il fréquente l’école des Beaux Arts de Lyon, puis à Paris. Il est l’élève de Puvis de Chavannes avec lequel il collabore pendant une dizaine d’années. Il est aussi à l’origine du Salon de la Rose Croix, temple parisien du Symbolisme. Surnommé « peintre idéaliste-idéiste » pour ses préoccupations sociales, il reste fidèle sa vie durant à l’esthétique de Puvis de Chavannes par ses dessins d’une grande pureté et d’une rigueur absolue, l’emploi de tons adoucis avec des harmonies où s’allient le mauve, le gris et le bleu.

Albert Néel

Albert Néel est un peintre chazellois installé rue Emile Rivoire. Il est classé comme figuratif moderne et participe à de nombreux salons en France et à l’étranger. Il a reçu de nombreux prix et distinctions : Fédération nationale de la Culture Française, Médaille d’Or avec rosette, Croix d’or du Mérite et dévouement français, Médaille de bronze Arts, Sciences et Lettres… Ses activités artistiques ne se limitent pas à la peinture puisqu’il excelle aussi dans des domaines aussi variés que la sculpture, la création d’affiches, de films, la poésie…